À venir

Montclar

Infolio, 2017 (éd. de Michel Delon)

« Quand je médite sur ma vie et mon histoire intérieure, je n’éprouve pas de remords, mais bien quelques regrets. » Un homme de famille aristocratique s’interroge sur son parcours. Il revoit les femmes qui l’ont marqué : une jeune veuve lui apprend le plaisir ; une princesse allemande flatte sa vanité ; avec une garçonne typique des années folles il découvre la complicité, et peut-être plus. Il observe sans jugement une liaison incestueuse et une passion lesbienne. Mais il constate surtout sa difficulté d’aimer, son art de souffrir et la tentation de fuir. Lointain petit-neveu de Benjamin Constant, Pourtalès nous offre son autoportrait en Adolphe du XXe siècle commençant, entre interrogation mystique et entraînement sensuel, fidélité aux traditions et goût du changement. Il s’examine sans complaisance et récuse tout bavardage. Contemporain des surréalistes, il perpétue la phrase courte et le mot précis de son aïeul.

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Nous, à qui rien n’appartient. Voyage au pays khmer

Infolio, à paraître en automne 2017 (éd. de Franck Laurent)

« Moi qui ne sais qu’à peine m’intéresser aux choses, qui ai vécu sur les êtres, les sentiments, les rumeurs et les répercussions que propage dans les âmes cette vieille maladie française de l’analyse, la singulière pensée de m’envoyer en Asie ! Qui donc a pu vous la suggérer ? Il est vrai que vous me donnez carte blanche quant à mon itinéraire, et pourvu que je rapporte un bon document pour le journal et un livre utile pour l’Exposition coloniale, vous vous dites content. »

En février 1930, Guy de Pourtalès s’embarque pour l’Indochine avec escale à Ceylan, en mission pour l’hebdomadaire Excelsior. De retour au mois de juin, il en rapporte un récit de voyage informé et lucide qui paraît dans le périodique en 1930 et en volume l’année suivante, chez Flammarion. Le personnage de Fletcher, rencontré sur le bateau qui conduit le narrateur en Orient, incarne le doute : pourquoi vouloir à tout prix implanter la culture occidentale chez les peuples colonisés?

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Voyage en Extrême-Orient (texte inédit)

Infolio, à paraître en automne 2017 (introduction de Françoise Fornerod)

De son voyage en Extrême-Orient, Pourtalès ne rapporte par seulement un récit pour Excelsior et Flammarion, mais aussi un journal, resté inédit jusqu’à aujourd’hui. Si les lieux et les événements sont identiques, le ton de ce journal intime diffère considérablement du texte paru, précisément parce qu’il n’était pas destiné à la publication. Le regard est plus direct, et le propos volontiers cru, moins « politiquement correct », dirait-on aujourd’hui. Et puis, on y découvre l’une des motivations premières du voyage : revoir à l’escale de Ceylan une femme dont l’écrivain était épris. Le séjour du couple sur l’île, leur séparation et les suites de celle-ci sont relatés à travers les yeux de l’amour déçu. Dès lors, la suite du périple en Indochine s’apparente plus à une errance qu’à un reportage.

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Passés

À mes amis suisses

Infolio, 2016 (éd. d’Alexandre Elsig)

Durant la Grande Guerre, Guy de Pourtalès met sa plume au service de sa patrie élective, la France. En 1916, alors que la bataille de Verdun s’engage, l’écrivain, au carnet d’adresses bien fourni, devient un rouage essentiel du dispositif de propagande mis en place par le quai d’Orsay en Suisse. Il prend en secret la direction de la Tribune de Genève, organise des tournées musicales et théâtrales, et soigne son réseau d’influence au sein des élites protestantes de Genève, Berne et Zurich. Le conflit « total » se mène aussi sur le terrain médiatique et artistique de l’opinion. Mélange d’essai, de journal et de correspondance, À mes amis suisses en est une émanation directe, même si Pourtalès s’en défend : « Ce n’est pas de la propagande. J’ai dit quelques vérités à mes amis suisses, je leur fais des risettes, en somme, je leur tends une main cordiale… et j’en profite pour leur glisser dans le creux de l’oreille quelques conseils d’ami. »

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La Pêche miraculeuse

Infolio, 2016 (éd. de Stéphane Pétermann)

Grand prix du roman de l’Académie française en 1937, La Pêche miraculeuse est l’œuvre d’une vie. À travers l’histoire du musicien Paul de Villars, c’est sa propre existence que Guy de Pourtalès revisite, évoquant son enfance genevoise, ses années de formation à Neuchâtel et en Allemagne, son choix de la France et ses années de guerre. Livre « composite », comme l’écrit Jacques Chenevière, parce que tissant une intrigue sentimentale, une peinture sociale, le tableau d’une époque, des souvenirs personnels, le roman est une véritable « somme ». À l’image de son auteur, La Pêche miraculeuse a des identités multiples : nourrie de cosmopolitisme mais fortement enracinée dans la culture romande, tournée vers l’Europe mais profondément attachée à la Genève des origines. Texte véritablement autobiographique, moins par son contenu que par sa visée, il couronne un parcours dont le sens est une longue quête de soi.

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Édition critique chez Infolio

La Fondation Guy de Pourtalès et le Centre de recherches sur les lettres romandes ont entamé la publication d'une série de cinq ouvrages chez Infolio éditions, commentés par des spécialistes de Pourtalès ou des questions qu'il aborde dans ces textes. Il s'agit de la première édition sous une forme critique de ces volumes, romans ou essais.

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Marins d’eau douce

Éditions Zoé, 2016 (éd. de Stéphane Pétermann)

Dans ce récit publié en 1919 mais écrit avant la Grande Guerre, Pourtalès évoque avec grâce et nostalgie son enfance bienheureuse au bord du lac Léman. Coup de foudre pour la musique, voile, premier sentiment amoureux ou départ loin des siens sont autant d’aventures qui se déploient autour de l’élément central de ce brillant petit roman : le lac, véritable port d’attache pour l’enfant qui parcourra plus tard le monde. Jean, le protagoniste, reproduit la trajectoire de son créateur, dans ce qui ressemble à une exploration des origines, à une tentative de compréhension de soi. Quoique séduisante, Marins d’eau douce ne constitue que l’ébauche de cet essai d’explication de soi, que Pourtalès poursuivra dans Montclar et, surtout, dans La Pêche miraculeuse.

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Journal de la Guerre

Éditions Zoé, 2014 (éd. de Stéphane Pétermann)

La guerre ? « Un paysage qui vous tire dessus. » Guy de Pourtalès (1881-1941) rapporte ces propos, qui l’ont frappé, de son ami Valdo Barbey. L’écrivain genevois, devenu Français, mobilisé en 1914, n’a pas connu la tranchée, mais il a passé quatre ans et demi sous les drapeaux comme interprète militaire, propagandiste au Quai d’Orsay, officier informateur. En tant que tel, il a vécu de près les événements de la Grande Guerre, particulièrement ceux qui ont affecté les relations entre sa patrie d’adoption et son pays d’origine. Tiraillé entre des appartenances et des loyautés qu’il entend faire tenir ensemble, Pourtalès donne l’impression d’être toujours en porte-à-faux avec le rôle qu’il se choisit, ou qu’on lui attribue. Mais c’est précisément cette position d’intermédiaire – symbolisée par le statut d’interprète – qui crée l’intérêt du Journal de la Guerre, parce qu’elle décale le regard, l’enrichit par là, et donne lieu à un récit à la fois original, informé et communicatif.

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Correspondances, 3 volumes

Éditions Slatkine, 2006-2014 (édition présentée, établie et annotée par Doris Jakubec, Renaud Bouvier et, pour le premier volume, Anne-Lise Delacrétaz

Volume I, 1909-1918

Le premier volume de la correspondance de Guy de Pourtalès, entièrement inédite, de même que l'iconographie qui la complète, retrace les débuts du romancier et son expérience - fondatrice - de la Première Guerre mondiale. Ces lettres croisées donnent divers points de vue sur la Belle Époque dans laquelle le jeune homme met en place ses premiers réseaux d'amitiés littéraires. Les lettres de la guerre montrent la position clé de Pourtalès, affecté tour à tour aux Armées française, britannique et américaine. Mais c'est comme responsable, en 1916 et 1917, de la propagande française en Suisse qu'il jour un rôle central, et jusqu'ici très ignoré, dans une guerre où la pensée, la littérature, la musique et la peinture étaient les armes de la propagande.

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Volume II, 1919-1929

Le deuxième volume voit se déployer la carrière de l'homme de lettres : édition, traduction et études critiques des écrivains qui, à ses yeux, représentent l'Europe de la culture et serviront de base à ses réflexions ultérieures sur le destin européen. Dans ces années vingt, Pourtalès noue des relations durables avec des artistes tels que Gide, Valéry, Rivière, Du Bos, Pitoëff, Copeau, Gémier. Il fréquente assidûment le milieu de La Nouvelle Revue française et Gaston Gallimard, ainsi que le Théâtre du Vieux-Colombier. Son activité de romancier débute elle aussi véritablement en 1919 avec Marins d'eau douce et se poursuit avec Montclar (1926). La notoriété et les succès de vente arrivent avec la série des biographies de musiciens : La Vie de Franz Liszt inaugure la collection des « Vies des hommes illustres » publiée par la Librairie Gallimard. Suivent Chopin ou Le Poète (1927), Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (1928), Nietzsche en Italie (1929). Pourtalès apprivoise ainsi le grand geste biographique et autobiographique qui s'imposera dans La Pêche miraculeuse.

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Volume III, 1930-1941

Le troisième et dernier volume des correspondances de Guy de Pourtalès couvre les dix dernières années de sa vie, de 1930 à 1941. Tragiques années 1930, avec l’inexorable avancée du nazisme et du bolchevisme et leurs conséquences européennes. Ces événements culminent, pour Pourtalès, avec la perte de son fils Raymond, le 28 mai 1940, mort pour le pays d’élection de son père. Paradoxalement, ces années sombres voient l’œuvre de l’écrivain s’accomplir dans toutes ses implications non seulement littéraires, mais éthiques, esthétiques et spirituelles. Les grands dialogues avec Bloch, Burckhardt, Zweig, Louis Jouvet, la présence dans la correspondance de Proust ou de Rilke accompagnent l’élaboration des œuvres. Du voyage au pays khmer, Nous à qui rien n’appartient (1931), à Wagner, histoire d’un artiste (1932), puis de La Pêche miraculeuse (1937) à Berlioz et l’ Europe romantique (1939), l’œuvre de Pourtalès va s’élargissant, se complexifiant, synthétisant tout un siècle qu’il nomme « l’Europe romantique » et dont il vit le déclin. Ainsi, dans ses deux derniers grands textes s’accomplissent toutes les intuitions qui l’ont conduit à vivre et écrire en traversant l’Europe, selon un ordre musical plutôt que chronologique. L’écrivain achève son ample cycle romantique par des contes, comme à ses débuts : retour à la fois douloureux et assumé à l’enfance. Le conteur se laisse alors habiter par des présences pleines d’humanité et de sagesse qui vont, non sans mélancolie, vers un long silence inconnu, comme l’est celui dont sortent les enfants.

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